Blues Pills : t’as la classe ou tu te casses

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Ah ! Le revival ! Un « mouvement » qui a le vent en poupe depuis quelques années, et c’est bien. Du son nouveau qui sonne à l’ancienne. Facile comme concept. En fait, cela montre seulement que le rock qui déboîte, avec les groupes qui vont avec, arrive à se défaire de l’écrasement des géants et des groupes dinosaures qui continuent soit de tourner, soit de rééditer leur catalogue. Citons un groupe comme Kadavar par exemple, un power trio aux allures de petit mélange d’un Cream et d’un Blue Cheer, le tout avec un ton très black-sabbathien (digression pertinente : fondé en 2010, je vous recommande chaudement leur album Abra Kadavar sorti en 2013, car c’est un bel album, au son rétro diablement efficace). Du rock qui sent la gratte, la basse, la batterie, la sueur et la bière (1). Le groupe Temples et le merveilleux Jacco Gardner ont également ce son merveilleux et bien senti qui te fait bouger le cul. Ty Segall en solo ou avec groupe fuzz est aussi de cette trempe. Lui aussi faut aller l’écouter et dévorer ses albums les enfants, du lourd, du très lourd : du gros son. Purson et Radio Moscow sont à écouter également.

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Pochette de l’album Blues Pills

Radio Moscow – owi ! –, un groupe de rock-psyché-blues-rock à la Cream ou Hendrix. En 2011, deux de ses membres s’échappent et partent en Suède pour former Blues Pills. Il s’agit de Zack Anderson à la basse et Cory Berry à la batterie, remplacé après la sortie du premier album par un certain André Kvarnström. Ils rencontrent Ellin Larsson, chanteuse aussi agréable à regarder qu’à écouter chanter. Sa voix n’est pas sans rappeler Janis Joplin d’ailleurs : une voix de blues blanc très juste. Le très jeune et brillant Dorian Sorriaux (16 ans au début de l’aventure) est le quatrième comparse, rencontré en Espagne.

Le groupe met un peu de temps à se lancer (métaphoriquement parlant bien sûr). En 2012, le groupe sort l’EP « Bliss » et le single « Black smoke » en juillet de la même année et fait quelques dates et festivals. Les furieux de métal de chez Nuclear Blast les prennent sous leur aile (comprendre : en contrat) en 2013. L’EP « Devil Man » paraît en octobre. Blues Pills n’a cependant toujours pas sorti d’album. Leu disque éponyme sort en juillet 2014 seulement et grimpe même à la quatrième place des charts en Germanie !

Il est comment cet album ? Et bien, pour l’avoir écouté X fois, X étant un entier naturel assez élevé, disons que c’est une pépite. Imaginez un fagot posé chez vous. Derrière ce fagot, il y a des trucs. Cet album est sans l’ombre d’un doute derrière le fagot susmentionné.

C’est une douce pilule de drogue musicale d’un âge antédiluvien que nous délivre la belle Ellin et ses trois acolytes dont la pilosité est à faire pâlir de jalousie le yéti le plus chewbaccé (2) de monde. Un son sixties plus acidifié que la langue d’Hendrix, une voix plus claire que la mère Joplin (retrouvez notre article sur Janis en cliquant ici) après une boutasse de bourbon. La rythmique est toujours bien ficelée, le couple basse-batterie est admirable et le talent révélé au grand jour du jeune Dorian Sorriaux est impressionnant.

L’album ouvre sur « High Class Women » : déjà là, BOUM !, une claque dans la figure (3). Il n’y a rien a jeter, les titres sont très très bons, mention de ma part pour le riff d’« Astralplane », la performance vocale de « Devil man » et le très beau et très doux-façon-Stairway-to-Heaven-hard « Little Sun », qui clôt en apothéose ce merveilleux album que, décidément, vous devez bien avoir envie d’écouter maintenant. En plus, il sont passés sur Arte, qui a diffusé un concert à Berlin, ptêt même qu’on peut encore le voir. C’est cool nan ?

Anyway, hâte d’un autre album !

(1) Je ne parle pas de tombes, ni de cercueils dans ce cas précis, mais bel et bien de la délicieuse boisson houblonnée.
(2) À l’attention de l’aimable société de mes lecteurs dont le nombre frôle trois : le mot chewbaccé est un néologisme aussi insipide que grotesque.
(3) (Abus des notes de bas de pages) A good slap in your damn face, pour s’internationaliser un peu.

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