CLOSER, de JOY DIVISION

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CLOSER est le second album du groupe anglais JOY DIVISION. Brillant mais éphémère, ce groupe a connu de beaux succès le temps de deux albums parus en très peu de temps avant de léguer à la musique un héritage riche. CLOSER, leur second album, est véritablement le testament du groupe suite au décès tragique du chanteur. Quelle introduction !

Le groupe est originaire de Manchester, comme d’autres gens par ailleurs, et s’est formé en 1976, année de la dévaluation du Peso au Mexique (ceci n’a rien à voir, mais alors vraiment rien avec le reste de l’article). PETER HOOK (basse), STEPHEN MORRIS (batterie) et BERNARD SUMMER (guitare/synthé) sont rejoints par IAN CURTIS, qui vient chanter avec une voix d’outre tombe et caverneuse. Influencés par notamment, le Velvet Underground, les Doors, David Bowie, les Sex Pistols et les Allemands de Neu !, Kraftwerk et Can, JOY DIVISION s’inscrit dans le mouvement au nom tout poucrave de New Wave, ou Cold Wave, ou Post Punk. Utilisation du delay, effets digitaux et une rythmique glaciale autour de chansons étudiées et très bien construites : voilà la recette de ce mouvement et de ce groupe. Il doit aussi son attrait ténébreux à la présence à la fois surprenante et fascinante de ce chanteur énigmatique, IAN CURTIS, qui s’inscrit un peu dans la même veine au niveau de l’effet sur les masses que Jim Morrison, du temps de la splendeur des Doors une décennie plus tôt.

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Ian Curtis en concert à Bruxelles- SILENCESUCKS.COM

Il est justement intéressant de noter comment la fin tragique des Doors et celle de JOY DIVISION sont proches. L’enregistrement d’un dernier magnifique album (L.A. Woman pour les Doors, CLOSER pour JOY DIVISION) en peu de temps suivi du décès tragique du chanteur charismatique (accidentel dans le cas de Morrison, suicide pour CURTIS). Et dans les deux cas, le disque paraît de façon posthume. C’est un parallèle que l’on peut faire avec d’autres groupes, mais c’est le cas le plus emblématique à mes yeux, notamment parce que j’aime Jim Morrison, tu l’as deviné si tu es un lecteur attentif de notre site.

Passons au son.
Il est très bon évidemment. Aucune face n’est indiquée sur le disque à sa sortie, donc on ne sait pas quelle piste est la première et laquelle est la dernière. La musique est sombre, froide, triste mais ô combien évocatrice. L’isolation, la mort, la souffrance sont les principaux thèmes. Les titres des morceaux sont explicites de ce point de vue. Citons par exemple « Atrocity exihibition », d’après le titre du livre de Ballard, « Siolation », « A means to an end » « The Eternal » sont révélateurs des ambiances de l’album. La magnifique chanson Decades, point d’orgue de l’album selon moi, est extrêmement riche en émotions. L’album est par ailleurs acclamé par la critique et salué comme étant le travail le plus poussé de JOY DIVISION. Certes ils n’ont composé que deux albums et quelques démos, mais quand même !

CLOSER est enregistré rapidement, entre le 18 et le 30 mars 1980 à Londres, entre deux tournées du groupe, tournée qui reprend juste après et qui est sensée s’exporter au États Unis le 19 mai, où le groupe est demandé. Mais, Ian Curtis se pend à 5h du matin le 18 mai de cette même année, à 23 ans, en crise avec sa femme, en dépression et souffrant de son lourd traitement pour lutter contre l’épilepsie ; il ne verra pas le résultat final qui paraît le 30 juillet. JOY DIVISION se dissout d’ailleurs tout de suite après et fonde New Order. Ceci est une autre histoire.

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Visuel de CLOSER de JOY DIVISION – SILENCESUCKS.COM

La pochette évoque elle aussi la mort et le deuil entourant cet album. Elle représente la tombe de la famille Appiani, située dans le cimetière monumental de Staglieno, à Gênes, l’une des plus grandes nécropoles d’Europe. On est donc directement plongé dans le thème mortuaire d’abord par le visuel de la pochette, puis dans un second temps par le contenu du disque.

Certes cela paraît bien triste et tout, mais, je vous encourage à écouter ce très bel album, sensible et mortuaire à souhait, mais pas mort pour autant.
(Vous remarquerez également le peu de notes de bas de pages de cet article.)

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