Retour sur la carrière de Janis Joplin

Nous sommes le 30 octobre à l’heure où ces lignes sont rédigées. Qui dit 30 octobre dit 4 octobre, dit 1970, dit jour de deuil. Non, aucune logique ne se cache dans ce réseau d’idées mais on arrive en claudiquant jusqu’à Janis Joplin. Ce n’est donc pas l’anniversaire de sa mort qui m’amène à parler d’elle, mais plutôt une playlist radio nocturne – puisque de toute façon toute personne un peu aigrie sait que « la musique intéressante commence à n’être diffusée sur les ondes qu’à partir de 1h35 ». Quand personne n’écoute, tout ça tout ça.

C’est ainsi que la programmation de Kozmic Blues a réveillé ma future nouvelle passion intense mensuelle voire trimestrielle : Janis Joplin. La magie du net faisant, ses grands morceaux s’enchaînent dans un top 5 sans logique ni Histoire, alors reprenons sûrement et simplement les virages importants du chemin de la Texane.

1963. Janis Joplin a 20 ans, elle rôde et chante à San Francisco après avoir quitté le Texas en stop, mais y retourne de force en 1965 sous la bienveillance de son entourage. Elle y revient en 1966 pour fusionner avec un groupe de rock psyché trempé au style hippie : Big Brother and The Holding Company. Un label, un manager, une tournée sur la côte Est, des concerts avec un Jimmy Hendrix et un Buddy Guy, le mélange semble faire son petit effet. D’aiguille en aiguille, la chanteuse prend de l’espace et le groupe tend à s’appeler  Janis Joplin and Big Brother and the Holding Company. And le nom devient clairement trop long pour être prononcé d’une seule traite sans respirer. De leur premier album ressortent des morceaux comme Coo coo ou Call on me, mais surtout l’aura et le timbre unique de Joplin. Elle s’investit corps et âme dans la production et l’enregistrement du deuxième album studio au traitement sonore proche du live, Cheap Thrills. Sorti en 1968, c’est un coup de maître où l’on retrouve notamment les titres Summertime ou Piece of my heart . À la fin de cette même année, Janis retire son nom et sa voix du groupe.

 

 

Elle part, mais a beaucoup trop marqué ceux qui l’ont écoutée pour se mettre à l’agriculture bio. Kozmic Blues Band fleurit donc aux débuts de l’année érotique, avec dans son packaging Sam Andrew du Big Brother. Le premier album dont le titre échappe à 60% des francophones, I Got Dem Ol’Kozmic Blues Again Mama !  est truffé de titres addictifs qu’il ne faut pas continuer de ne pas connaître : Work me, Lord, Little Girl Blue, Work me, Lord, Maybe ou encore Work me, Lord. Riche en cuivres et nettement meilleur en son, il ouvre la voie à celle de Joplin, se répand comme une traînée de poudre et conquiert des milliers d’oreilles.

19 décembre 1969. Dernier concert du Kozmic Blues Band, après avoir laissé des traces puissantes et marquantes dans le paysage musical (je vous ai parlé de Little Girle Blue et Work me, Lord ?). Je ne développerai pas Woodstock, à part que l’attente fut longue pour la chanteuse dans les loges, et qu’une version planante de Word me, Lord en est ressortie.

 

 

Dans la première moitié des années 1970 naît Full Tilt Boogie Band, qu’elle estime comme étant « son » groupe. Une tournée s’enchaîne rapidement dès le mois de mai de cette même année. Le band fait partie du voyage-concerts « Festival Express » où elle marquera là encore les esprits par ses prestations. Fin du festival, redescente sur Terre et commencement de l’enregistrement en studio d’un nouvel album (Cry Baby, Mercedes Benz – retirez tout de suite la face de Joey Star de votre tête –, Me and my Bobby McGee…).

Pearl, son album posthume – et surnom – est un succès.

La fulgurante carrière de Janis Joplin s’éteint le matin du 4 octobre 1970 sur le plancher de sa chambre d’hôtel de San Francisco. Trois années auront suffi à faire d’elle l’une des plus grandes interprètes de blues-rock des sixties. Une légende qui « avec toute la violence et l’obscénité dont une Blanche pouvait être capable, a été en soi une révolution dont les effets continuent à se faire sentir » (*).

 

NB : toutes les allusions à ce qui a mené à la dispersion de ses cendres à l’automne de ses 27 ans, sont absolument volontaires.

(*) Source : L’Express

2 Commentaires

  1. Math - 11 mars 2015

    Venant de réécouter Pearl (pour la 543ème fois), une claque en claque figure ouais en effet !

  2. Blues Pills : t’as la classe ou tu te casses - SilenceSucks - 24 août 2015

    […] Un son sixties plus acidifié que la langue d’Hendrix, une voix plus claire que la mère Joplin (retrouvez notre article sur Janis en cliquant ici) après une boutasse de bourbon. La rythmique est toujours bien ficelée, le couple basse-batterie […]

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