Star Wars : la Force musicale (2/3)

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Au milieu des années 1990, George Lucas juge que les progrès technologiques dans le domaine du numérique ont suffisamment avancé pour lui permettre de mettre en chantier sa prélogie. Celle-ci doit faire de Star Wars une saga non pas centrée sur le personnage de Luke Skywalker, mais sur son père, Anakin. De nombreux collaborateurs de Lucas reviennent, dont l’un des plus importants : John Williams.

Cette prélogie a souvent été critiquée par les autoproclamés « puristes », mais qu’en est-il de la musique de Williams ?

Star Wars : Episode I : La Menace Fantôme

1999. Après une interminable attente, la genèse des aventures des Skywalker débute. Le film a souvent été décrié par les fans, notamment par l’abondance d’effets visuels numériques et de… Jar-Jar Binks. Qu’en est-il de la musique ?

Le morceau le plus iconique de cet épisode est sans nul doute DUEL OF THE FATES. À la sortie du film, les fans de la première heure ont râlé : ils le trouvaient trop éloigné des morceaux cultes de la saga, par l’utilisation de ses chœurs et son ambiance presque religieuse. Pourtant, il est compliqué de ne pas frissonner lors de la réutilisation de ce morceau dans l’épisode III, durant le combat entre Yoda et Palpatine au sénat.

Le personnage central de cette nouvelle trilogie est Anakin SKywalker, futur papa de Luke. Il est normal qu’il possède son propre thème dans cet épisode, naturellement nommé ANAKIN’S THEME. Si vous tendez bien l’oreille, vous verrez que la structure de ce morceau est basée sur THE IMPERIAL MARCH, comme pour évoquer le sombre destin de l’enfant. D’ailleurs, quelques notes de la Marche sont parfaitement audibles à partir de 2 minutes 30 dans cet extrait.

THE IMPERIAL MARCH n’est pas encore très loin quand on doit aborder THE DROID INVASION, le thème de la vilaine et fourbe Fédération du Commerce. Certains fans n’ont d’ailleurs pas hésité à rebaptiser le morceau TRADE FEDERATION MARCH.

Star Wars : Episode II : L’Attaque des Clones

2002. Dans cet épisode, Anakin tombe amoureux de Padmé Amidala, et toute une génération de fans de Natalie Portman. Ça valait bien ce que Williams a appelé un Love Theme, le relativement ennuyeux ACROSS THE STARS, qui ne parvient à fonctionner à peu près correctement que grâce à l’utilisation répétée et parcellaire des anciens thèmes. Bref, sortez les guimauves !

Assez peu de choses à se mette sous la dent dans ce film, c’est pourquoi j’ai raclé les fonds de tiroir pour ressortir CONFRONTATION WITH COUNT DOOKU AND FINALE, qui n’a de véritablement intéressant que ce court passage à 2 minutes 59 où Williams réutilise THE IMPERIAL MARCH alors que la République voit s’envoler les clones, futurs Stormtroopers, vers les champs de bataille.

Star Wars : Episode III : La Revanche des Sith

2005. L’épisode qui lie les deux trilogies de la saga. Si la prélogie a souffert de nombreuses critiques, cet épisode III est sans nul doute le plus réussi (ou le moins raté, pour les éternels broyeurs de noir). Sa bande-originale est elle aussi, de l’humble avis de votre serviteur, la plus intéressante de cette trilogie.

Le thème principal de cet opus s’intitule BATTLE OF THE HEROES. C’est LA composition du duel entre Anakin et Obi-Wan. On ressert des chœurs très proches de ceux de DUEL OF THE FATES, ce dernier refaisant d’ailleurs une apparition dans cette longue séquence qui voit s’affronter les deux amis de toujours ainsi que Yoda et Palpatine. Cette séquence est à l’image de cette trilogie : explosive à grand renfort de musiques qui gueulent et d’effets spéciaux numériques trop souvent indigestes.

D’autres thèmes se détachent davantage par leur sobriété travaillée, qui en font de véritables forces évocatrices. On ressent par exemple toute la violence et la souffrance d’Anakin dans le morceau ANAKIN’S BETRAYAL. Et surtout, cette musique accompagne ce qui est peut-être la plus scène la plus marquante de toute la prélogie : le début de la purge Jedi, conséquence directe de la trahison d’Anakin envers ses anciens pairs. Le caractère lancinant du morceau ajoute un aspect inexorable à la scène, comme pour souligner l’impuissance des hommes de bien face à la victoire des forces du mal.

ANAKIN’S DARK DEEDS, thème qui aurait tout aussi pu s’appeler le crépuscule de la République. Ce morceau est la suite directe d’ANAKIN’S BETRAYAL : il poursuit le récit de la trahison d’Anakin et des conséquences de celle-ci, tout en apportant un crescendo tout autant musical que narratif. Par son allure elle aussi lancinante, la musique souligne l’inéluctabilité quant à la chute de la République et la confrontation à venir entre Anakin et Obi-Wan.

Et voilà : nous sommes en 2005 et la saga Star Wars vient de prendre fin au cinéma. Et alors que retentit la célèbre musique qui accompagne le générique de fin, on se console en se disant qu’il nous reste l’Univers Étendu pour continuer à explorer la vaste mythologie mise en place à travers ces six films…

… à moins qu’un jour Mickey sorte les biftons pour racheter la franchise et la relancer sur grand écran.

À suivre : Star Wars : la Force musicale (3/3)

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